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L'homme aux masques.
Date
Octobre 2018
Pièces numérotées
12
Matière
Bronze
Dimensions (cm)
33x25x35
aa« À mes yeux, toute l'humanité est présente dans chaque homme. Il n'y a ni meilleur ni moins bon, nous sommes le choix de nos écoutes et nos ressentis que nous avons en chacun de nous. »
Maxence Landon
« Un songeur désabusé, au regard vaguement absent. Il scrute son passé, sonde ses souvenirs, fait le point sur sa longue vie. Pensif et perdu. « Qu’ai-je été au fond ? » Une superposition de masques. Autant de façons d’être au monde, de paraître, de sourire, séduire et disparaître finalement. Y a-t-il eu au moins un vrai moi derrière tous ces masques ? Fernando Pessoa dans l’Intranquillité : « je suis le faubourg d’une ville qui n’existe pas, le commentaire verbeux d’un livre qui n’a pas été écrit ». Une périphérie dans laquelle on n’a jamais fini de tourner sans pouvoir approcher d’aucun centre.
Maxence Landon évoque cette superposition de masques par des bourrelés : on dirait le pas de vice d’une ampoule qui aurait cessé d’éclairer. Chaque cran serait un âge. Le plus vieux serait logiquement le dernier en date, celui qu’on voit devant, l’actuel, le vieillard qui étend les rides de sa face usée sur les traits jadis plus fermes d’une jeunesse perdue qu’elle recouvre. Et pourtant si vous regardez l’arrière de cette sculpture, le masque le plus anciens, celui qui remonte le plus dans le passé, celui de l’homme le plus
jeune en somme, eh bien ! ce premier masque est tout aussi ridé que la face. N’aurait-il donc jamais été jeune ? Ou bien, autre interprétation, nous avons toujours été le vieillard sous la peau duquel nous rendrons notre dernier souffle. La vérité est à la fin, non au début. A moins que – autre leçon – chaque enfant, depuis toujours, ne puisse s’adresser au monde qu’en modelant sa jeunesse pure dans les traits difformes d’une humanité qui s’use à toujours se répéter. Alors ? Qui viendra souder sa chair vive dans la noirceur de cette coquille morte et vide ? »
Pierre Labrousse









