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Le Cri
Date
Décembre 2018
Pièces numérotées
12 sur commande
Matière
Bronze
Le Cri n'est pas une figure qui crie. C'est un homme qui se tait.
Le buste se tient droit, impassible, dans la plus pure tradition du portrait. Mais son crâne n'est pas clos : le bronze s'y ouvre, se retire, devient treillis, cage, fenêtres. Et à travers ces ajours, on la voit — une petite figure recroquevillée, un personnage hurlant, enfermé dans la tête comme dans une prison dont il n'existe aucune porte.
La sculpture parle du silence que nous nous imposons : ce cri que chacun porte en soi et qu'on ne laisse jamais sortir. Ici, le hurlement n'est pas étouffé — il est visible, offerte aux regards de tous, et pourtant personne ne l'entend. Le visage extérieur, lui, reste calme. Il ment. Comme nous mentons tous.
La référence à Le Cri d'Edvard Munch y est inversée : chez Munch, le cri traverse le visage et déforme le monde jusqu'à l'horizon. Chez Landon, le monde ne tremble pas. Le crâne contient la secousse, l'ajour la laisse voir sans jamais la libérer. C'est peut-être cela, l'homme moderne : non pas le cri, mais sa captivité.
C'est aussi une allégorie de l'artiste : cette figure hurlante dans la tête de l'œuvre, c'est la création elle-même, qui se débat dans l'esprit de son auteur. La cage n'est pas que prison — elle est la forme même de l'œuvre : ce que l'artiste contient, et qui le dépasse, et qui ne sort qu'en prenant corps dans la matière. Le bronze est la seule porte de sortie que ce cri ait jamais trouvée.







